Nos revendications
Le patronat et le gouvernement font aujourd’hui payer la crise aux travailleurs et travailleuses, à commencer par les plus précaires. Au lieu de défendre les emplois existants et de combattre le chômage, le gouvernement gave le patronat d’aides publiques et d’exonérations de cotisations sociales sans aucune contrepartie. En parallèle, il reconduit les politiques qui ont déjà fortement contribué à affaiblir notre système de protection sanitaire et sociale. Et pourtant des vraies solutions pour lutter contre le chômage et la précarité il y en a ! Parce que contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, des richesses il y en a … le problème étant qu’elles sont accaparées en toujours plus grandes proportions par une minorité de capitalistes. Seules nos luttes pourront nous permettre de gagner et d'imposer nos revendications.
Contre toute réforme de casse l’assurance chômage du gouvernement et du patronat
Nous revendiquons l’annulation et l’abandon de la réforme de l’assurance chômage lancée en 2019 et que le gouvernement veut nous imposer par la force. Cette réforme plongerait chômeurs et chômeuses par dizaines de milliers dans la misère. Les jeunes, les intérimaires et les travailleurs à temps-partiel ou saisonniers seraient les plus violemment touchés.
Cette réforme prévoit d’abord de compliquer les conditions d’accès à l’indemnisation en faisant passer le temps de travail nécessaire de 4 à 6 mois pour ouvrir des droits. Lorsque cette partie de la réforme a été mis en application entre novembre 2019 à février 2020, 300 000 précaires ont été privés de leur droit à l’indemnisation.
Cette réforme prévoit ensuite de durcir les règles de calcul de l’indemnisation en ne faisant plus la moyenne des salaires perçus sur les jours travaillés, mais sur les jours travaillés et non travaillés entre le 1er et le dernier contrat effectué. Ainsi 843 000 précaires verraient leurs indemnités baisser de 24 % en moyenne, et 286 000 auraient une allocation chômage inférieure au RSA.
Pour une assurance chômage qui indemnise 100 % des privé·es d’emploi
Nous revendiquons une nouvelle assurance chômage, intégrée au sein d'une sécurité sociale intégrale (maladie, retraite, chômage …), qui indemnise 100% des privé·es d'emploi (contre 20% actuellement), et à hauteur de 100% du salaire perdu avec un niveau de remplacement au moins au niveau du SMIC (le SMIC que nous revendiquons, c'est à dire 1800€ brut).
Il s'agirait d'une sécurité sociale professionnelle, qui sécuriserait les parcours professionnels par le maintien des droits de chaque travailleuse et de chaque travailleur qu'il soit salarié, hors emploi ou en formation.
Pour cette assurance chômage, nous défendons un financement qui provienne en totalité des cotisations sociales (c'est à dire par la partie socialisée de nos salaires) et des caisses gérées intégralement par les travailleurs et les travailleuses via leurs organisations syndicales.
Nous défendons 20 mesures concrètes et chiffrées qui permettraient de financer cette assurance chômage. Parmi les principales : la diminution, du temps de travail à 32h sans perte de salaire (pour créer des emplois et générer des recettes de cotisations sociales), l'augmentation des salaires des femmes pour arriver à l'égalité salariale femmes-hommes (qui générerait également des recettes de cotisations sociales) , l'arrêt des exonérations et exemptions de cotisations sociales ...
Pour plus de détails, vous pouvez consulter la note revendicative du Comité CGT national des travailleurs privés d’emploi et précaires.
Contre la précarité nous revendiquons aussi :
- La reconnaissance du CDI comme la seule norme de contrat de travail et l’arrêt de la dynamique de généralisation du recours aux contrats précaires et de développement de l'auto-entreprenariat.
- L’abrogation du décret de décembre 2018 qui intensifie le contrôle des chômeurs et chômeuses, et l’arrêt du flicage quotidien, des réclamations d’indus non justifiés, des sanctions et des radiations abusives. À l'inverse nous voulons un service public de l’emploi de qualité, respectueux de ses usagers et de ses agents.
- L’interdiction des expulsions de logement et des coupures d’eau, de gaz ou d’électricité, la mise en place d'un service public du logement et la réquisition de logements vacants pour loger les sans-abris.
- La régularisation de tous les travailleurs et toutes les travailleuses sans-papiers (pour qui la précarité prend encore une dimension supplémentaire avec la peur d’être expulsé du territoire ou enfermé en centre de rétention administrative).
Contre le chômage, nous revendiquons aussi :
- Une réduction du temps de travail à 32h réelles maximum par semaine et sans perte de salaire, pour partager le temps de travail et créer des emplois.
- Des mesures fortes afin d’arrêter les licenciements et une politique de développement de l’emploi et de la formation professionnelle orientée vers la réponse aux besoin sociaux et aux impératifs écologiques. La Fédération CGT de la Santé et de l’action sociale a par exemple chiffré à 300 000 le manque d’emplois pour assurer une réponse aux besoins criants des hôpitaux et des Ehpad.
La lutte contre le chômage et la précarité nous concerne toutes et tous, qu’on soit avec ou sans emploi, menacé par la vague actuelle de licenciements ou non. Parce que le chômage et la précarité sont des armes puissantes du patronat.
Elles lui permettent d’abord de forcer un grand nombre de travailleurs et travailleuses à accepter n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions, pour des salaires de misère, et, en nous mettant en concurrence, de tirer l’ensemble de nos salaires et conditions de travail vers le bas.
Elles lui permettent également d’exercer un chantage à l’emploi et ainsi de dissuader les travailleurs et travailleuses qui voudraient utiliser leurs droits de le faire, et notamment leurs droits syndicaux et leur droit de grève en utilisant la peur de se faire licencier ou de ne pas être renouvelé.
Alors organisons nous et luttons avec l'ensemble des travailleurs et travailleuses pour imposer nos revendications et pour un meilleur avenir !